



Né en 1959 au Portugal dans une famille de Verriers.
Dès son enfance, sa famille s'installe en France. A partir de 1980, il travaille durant cinq années à la verrerie de Vianne (Lot & Garonne).
Il apprend naturellement auprès de son père la passion du verre.
En 1985, il rencontre Alain Guillot, ancien élève de son père, avec lequel il collaborera pendant deux ans dans le but de parfaire sa formation.
En 1987, il ouvre son propre atelier dans le Tarn et Garonne.
Avec le temps et l'expérience, C’est en 1993 que Fernando Agostinho entame ce qui fait aujourd’hui sa singularité, ce "monde" auquel il plie et soumet jour après jour le verre par l’usage de différentes techniques corrélatives : soufflage (et décors intercalaires), travail au chalumeau, sablage, collage à froid. Et ces techniques, c’est confirmé, il les maîtrise particulièrement bien.
Contrairement a certaines tendances, l’artiste a tout de suite choisi de ne pas s’exprimer par l’abstraction. Son succès sera international. Il sera d’ailleurs repéré comme l’un des artistes verriers « les plus créatifs de sa génération ».
Ce "monde" c’est celui de la fantaisie, où de petits êtres vous regardent constamment et vous interrogent de leurs grands yeux ronds, qu’ils soient en voiture, entassés dans des immeubles, seuls, la bouche grande ouverte, en plein monologue, anthropomorphes ou zoomorphes. Beaucoup d’êtres à l’intersection de l’animal et de la marionnette, aux intentions humaines, en réalité assez proche du Muppet Show ou du monde de Casimir, souvenez-vous.
Il y règne une ambiance douce et gentille, quelque peu naïve, qui est façonnée par l’usage de couleurs pures, par l’expressivité et les postures.
Souple et "pop" tout à la fois, dans le sens d’art populaire et "d’art pop" dans son acception moderne.
Un monde fabuleux déjà décrit comme étant proche de la bande dessinée, un monde « ludique » constituant une « veine » récente de l’art du verre auquel il est irrémédiablement associée, non sans fierté d’ailleurs, puisqu’il en est l’un des initiateurs.
Si cette veine figurative et ludique peut trouver des échos plus anciens, l’innovation réside dans son style et ses « commentaires » sur la société.
En effet, l’artiste va plus loin. Outre la rigueur technique, la légèreté apparente, le plaisir de la manipulation que l’on sent poindre dans chaque saynète, ces pièces sont de petites satires sociales.
Fernando transcrit quelques-unes des inepties manifestes de notre société, toujours avec poésie et une grande technicité.
MANUEL FADAT
Mister Greg © 2010 XHTML1.0 Valid